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Interview à Tran Anh Hung

Durante la décima edición del Festival de Cine Asiático de Barcelona, el equipo de Séptimo Vicio entrevistó al realizador vietnamita Tran Anh Hung ("El Olor de la Papaya Verde"), jurado de la sección oficial competitiva del certamen. A continuación podéis leer íntegramente la versión francesa (original) de dicha entrevista.

Publicado: 19/05/2008

Bien qu'on parle souvent d'hyperréalisme et en certaines occasions il y a un portrait quasi habituel, il y a d'autres éléments qui semblent indiquer le contraire. Dans "L'odeur de la papaye verte" les scènes sont très élégantes, quasi chorégraphiques. Ou dans "Cycle", où il y a une nette composante lyrique (nous pouvons même écouter quesques textes poétiques en voix off). Dans ce sens, quelle est ta propre définition de style?.

C’est très difficile la question du style parce quand je fais un film je me base sur ma sensibilité et je fais confiance. La question du style, comment je définis mon style, je ne sais pas, je le fais d’une manière tout à fait intuitive et pour ça je ms base sur ma propre sensibilité, je fais confiance à cette sensibilité que j’ai en moi et intuitivement, je sens qu’il faudrait l’écrire de cette manière plutôt que de cette manière et que… intuitivement, je pense qu’il faudarit plutôt filmer de cette manière plutôt que de cette manière. E ntout cas ce qui est très important pour moi c’est qu’un film doit être…. comment dire…excitant à voir ne serait ce que lorqu’on passe d’une image à l’utre dans un film voilà, il faut que quand je passe d’une séquence à une autre, d’une imae à une autre, il faut que ça produise un plaisir, il y a quelque chose qui fait que le spectateur se sent touché quelque part… Est ce que c’est suffisant pour décrire tout un style ? Je ne sais pas.

Une constante dans tes films est l'apparition de personnages qui exercent quelques facettes artistiques..

C’est vrai que c’est la première fois qu’on me pose cette question….. Dans «Cyclo », ce n’est pas un artiste(rire).. Non, c’est vrai, c’est peut être lié à la nature même de ce film, par exemple dans « à la verticale de l’été », il y a un écrivain et un photographe mais c’est peut être lié au fait que je voulais montrer cette catégorie de personnes à Hanoï, voilà. Mais je n’ai pas comment dire … de pensées précises liées à cette lotion là.

Dans un film comme " L'odeur de la papaye verte" on met en évidence une coexistence entre l'homme et le milieu naturel. A la différence d'autres visions dans lesquelles l'homme s'impose sur la nature ou la sublimation du milieu naturel est celle qui par force se saisit de nous, il semble qu'il se produise une authentique harmonie entre les deux..

C’est très bien qu’on ressente cette harmonie la, évidemment, dans mes films, surtout dans « L’odeur de la papaye verte » et « à laverticale de l’été », ce que j’ai vraiment cherché à montre c’était une possibilité d’harmonie déjà entre les hommes et les femmes, mais aussi pourquoi pas entre les hommes et la nature. C’est aussi un regard qui est d’une grande délicatesse, d’une grande douceur, posé sur le monde qui donne cette sensation d’harmonie. Voilà, mais c’est d’une certaine manière dans ces deux films, j’ai cherché à exprimer cette idée d’un bonheur possible, d’un bonheur conjugal possible, d’un bonheur de vivre possible mais toujours contrarié par les problèmes de la vie. C’est ce que j’ai voulu faire. C’est d’autant plus curieux de penser à cette harmonie entre l’homme et la nature parce que mon tout premier film a été entièrement tourné en studio, il n’y a pas une seule image qui ait été tournée en extérieur et c’était très important pour moi de rendre crédible ce monde artificiel qu’est le studio, c’était pour moi la seule façon de rendre crédibleça, essayer d’amener la nature à l’intérieur, d’amener des animaux, des plantes.

La musique représente un élément primordial dans ta filmographie, qu'il sagisse de thèmes classiques ou traditionnels du Vietnam ( toujours en accord avec la pureté du milieu naturel environnant) ou des groupes contemporains tel Radiohead ou Arab Strap. Quel est le rôle de la musique dans tes films ?.

J’ai une façon toute particulière d’utiliser la musique dans les films. Première chose, je n’aime pas la musique composée pour le film par des compositeurs de musiques de filmsparce qu’ils…. ça fait que tous les films sonnent à peu prêts pareils, non seulement que ça a la même sonorité mais d’autre part ça l’affecte. Le problème c’est qu’on s’appuie sur la musique pour créer une scène. On s’appuie sur la musique pour faire que la scène fonctionne et le genre d’émotions qu’on a en utilisant la musique de cette manière est toujours identique, ça se ressemble dans beaucoup de films. Ce qui fait que j’aime bien travailler avec des compositeurs atypiques qui ne sont pas du métier du cinéma et aussi de trouver moi même des morceaux de musique pour le film. Et j’utilise toujours la musique non pas pour créer l’émotion mais pour confirmer l’émotion. C’est à dire qu’il faut que tout soit là et ensuite on met la musique. C’est une manière de dialoguer avec le spectateur, de lui dire, que la musique lui dise « tu as raison, ici tu peux pleurer, tu as raison, ici c’est bien d’avoir de la compassion pour ces personnages » voilà, et ça c’est une manière d’utiliser la musique que j’aime beaucoup. Il ne faut pas utiliser la musique pour créer l’émotion, ça ce n’est pas bien, seulement de la confirmer.En quelque sorte, la musique devient une sorte de … représente la beauté d’ame du spectateur, de celui qui reçoit cette émotion la, à ce moment là, s’il est ému par une telle beauté, une telle pureté, il y a de la beauté en lui et la musique dit « je suis d’accord avec toi ».

Il existe aussi une certaine musicalité dans les dialogues en accord avec les silences. Ceci était quelque chose qui se prétendait expressif ?.

Bien sûr, ce que j’appelle la musicalité d’un film, ce n’est pas forcément la musique, mais tout. Que ce soit la démarche d’un acteur, dans la façon de parler parce que je les fais parler pas tout à fait naturellement, pas comme dans la vie. Il s ont un certain rythme qui est particulier et qui n’est pas… quand j’écris des dialogues, je ne fais pas de courtes phrases où l’acteur doit lancer des répliques comme une mitraillette, mais de longues phrases un peu trop bien construites pour qu’il y ait de la musicalité quand ils les disent. Et les silences aussi participent à la musicalité et aussi tout le film, comme la respiration du film. Tout ça fait la musicalité du film, c’est très important. Pour moi les bons film ont une qualité musicale.

Ton oeuvre (concrêtement "Cycle") pourrait se considérer morale mais pas moraliste : on montre mais sans juger. Ne penses tu pas que montrer est une façon de juger ?.

Le cinéma pour moi ce n’est pas montrer, c’est incarner, c’est à dire donner ma chair aux choses, voilà. Comment une pensée, une situation, placer des personnages et donner de la chair, c’est tout ce que j’ai fait, je ne fais rien d’autre. Cette notion de l’incarnation est très importante parce que ça me pousse à faire un film d’une certaine manière. Par exemple, ce qui compte pour moi plus que tout dans un film, dans le sens du travail techniqque, dans le sens ou la lumière, le maquillage, …., tout ça doit travailler ensemble pour mettre en évidence la peau. Il faut qu’on sente la peau sur l’écran. ça c’est très important parce que ça fait partie de cette idée de l’incarnation des idées, de l’incarnation d’une histoire.

Ce qui est sûr c'est qu'il y a une série de valeurs explicites en rapport avec le respect, le compromis, l'unité de la famille. de ce fait, il semble finalement que dans celle-ci réside l'espoir pour récupérer l'inocence et l'esprit perdu..

Je ne sais pas, la question de la thématique c’est toujours complexe. J’aime bien montrer les choses telles que je les vois, telles que j’imagine qu’à une époque, à un moment donné de l’Histoire il s’est peut être passé ça. Et donc j’ime bie montrer ça mais sans plus. C’est très difficile par exemple, dans le cas de « L’odeur de la papaye verte », dans certains pays, les gens me disent que je suis mysogyne, que je suis anti-féministe, et dans d’autres pays où des gens disent au contraire que je montre là, la réalité des choses, de la souffrance de la femme dans la société vietnamienne par la servitude et que je montre juste les conditions et que les gens doivent s’appuyer là-dessus pour devenir soit féministe soit anti-féministe. Mais moi je ne fais pas ce travail, ce n’est pas mon métier. Si la politique m’intéressait, je ferais de la politique mais pas du cinéma.

Tout au long de ta filmographie, il semble mis en lumière que l'existence humaine a un double visage : elle est amère dans certaines occasions, douces dans d'autres. De plus nous pourrions mettre en relation cette idée avec la complexité des relations humaines que reflètent tes travaux..

La complexité des relations humaines est une chose incontournable, une chose terrible et donc, c’est normal qu’il faille s’intéresser à ça et de la manière à la fois la plus simple et en même temps laisser sous-entendre la complexité sous-jascente. Il faut trouver une écriture spécifique pour montrer ça, c’est ce que j’ai cherché à faire dans « à la verticale de l’été » qui est quasiment un filmsur l’immobilité, sur la suspension du temps, sur le présent. Comment faire ressentir au spectateur le présent, qu’il ne soit pas tout le temps dans l’avidité de vouloir savoir ce qui se passe derrière. Qu’il puisse s’arrêter, regarder le présent, apprécier les choses, la peau, chaque chose, la saveur de chaque chosequ’on voit à l’image. ça c’est très important mais derrière ça évidemmentce qui compte c’est la complexité des relations humaines.

L'absence de la figure paternelle est significative dans "Cycle". Est-ce un problème extrapolable au propre pays ?.

Je pense que quelque part c’est lié au fait que les hommes partent à la guerre. Comme le XX siècle vietnamien c’est un siècle de guerre, d’abord avec les Français, ensuite avec les Américains, cette figure d’absence du père vient peut être de là ?Mais moi même je ne sais pas pourquoi je fais ça. par exemple, quand j’étais jeune, je rencontrais une jeune fille que me plaisait, j’imaginais qu’elle n’avait pas de père. Moi même j’ai des relations, comment dirais-je, très bonnes avec mon propre père donc normalement je devrais penser que tout le monde a un père, mais non, quand je rencontre quelqu’un, je n’imagine pas forcémént que cette personne a un père, je ne sais pas pourquoi, il faudrait peut être que je fasse une psychanalyse…

Dans des pays comme la Chine le problème de la censure est fréquent. Quelle est la situation au Vietnam. Tous tes films ont été projetés en premier là-bas ?.

Non, pas « Cyclo », quand je suis rentré pour « L’odeur de la papaye verte » on m’a très bien accueilli. je n’avais pas de probmèmes et quand je suis rentré avec le scénario de « cyclo », j’ai eu beaucoup de facilités à avoir l’autorisation de tournage sur ce scénario.Quand ils l’ont lu, ils m’ont dit « oui il y a de la violence et tout ça mais la réalité est plus violente que ça ». Si on lit les journaux de la police par exemple, on voit qu’il y a des cas de violence terrible, donc tourne ton film, il n’y a pas de problème. Mais une fois que j’ai tourné le film, ils ont vu la potentialité que le monde entier voit ce film comme une critique du Vietnam, du coup, ils m’ont demandé de ne pas demander l’autorisation de projeter le film au Vietnam pour qu’ils ne soient pas obligés de me la refuser. Donc je n’ai pas demandé l’autorisation.

Cela te touche ce sentiment sur la destruction inévitable des illusions vers une patrie qui a perdu l'innocence et qui est tombée dans la corruption et l'aliénation..

C’est toujours après une longue période de guerre mais aussi de privations de toutes sortes ne serait ce que de biens matériels, manger comme on veut, posséder des choses objets… Quand je vais au Vietnam, je vois tout ce que je n’aime pas, les critiques formulées je trouve ça touchant. Je dis oui, ils ont été privés pendant très longtemps, qu’ils consomment, ce n’est pas grave, et alors. Et il y a cette période de métamorphose du pays qui s’opère en ce moment mais pour moi ça ne m’inquiète pas, ce n’est vraiment pas un problème.

Ton quatrième travail en tant que directeur, " I come with the rain", sera en avant première au Festival de Cannes. Pourquoi être resté 8 ans sans tourner ? Quel est l'origine de ce projet ? Nous sommes face à un thriller violent, pourquoi un tel changment de registre ? Quel a été ton critère pour la sélection de répartition internationale ? J'ai pu voir un clip promotionnel de 5 minutes de ce film et il semble renvoyer partiellement à la violence graphique de "Cycle" , que pourrons nous rencontrer dans ce film ?.

J’ai fini le montage image et je vous garantis que c’est un film extraordinaire, un film d’une beauté tout à fait particulière. Ce qu’il donne à ressentir, c’est quelque chose que vous n’avez jamais ressenti auparavent. ça je vous le garantis, et s’il pouvait sortir vraiment comme je l’entends, c’est quelque chose d’assez exceptionnell. J’ai mis 12 ans pour faire ce film, 12 années, j’y mets énormément de moi même, c’est quelque chose d’extrême ment importnt pour moi.S’il s’est passé 8 ans entre mon dernier film et celui-ci ça vient du fait que j’ai débloqué un autre projet qui s’appelle night dogs adapté d’un bouquin d’un Américain, mais ce film n’a pas pû être fait. J’ai travaillé 3 ans dessus et il est tombé à l’eau. Après l’échec de ce projet, j’ai changé de producteur, j’ai perdu 2 ans à trouver un autre producteur et c’est ce dernier qui a réussit à produire ce film. Voilà ce qui explique tout ce temps passé. Je ne le souhaite à personne mais d’un autre côté, je ne cherche pas à faire absolument des films, j’ai envie de faire de grand films, j’ai envie d’écrire de très beaux films donc je prends le temps.

Entrevista David López González

Traducción Simon Crochet - María José López Navarro

Asistente Lucy Tillet

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